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Catherine Dutigny / Elsa

Catherine Dutigny / Elsa

Auteure de romans, de nouvelles, de contes, rédactrice à La Cause Littéraire


Critique du roman "Trois heures avant l'aube" de Gilles Vincent pour La Cause Littéraire

Publié par Catherine Dutigny sur 1 Mai 2014, 15:25pm

Catégories : #critiques de romans

Critique du roman "Trois heures avant l'aube" de Gilles Vincent pour La Cause Littéraire

Trois heures avant l'aube

Gilles Vincent

Editions JIGAL

 

Trouver un sens à sa vie, c’est ce que croit Kamel, jeune français, en partant au Pakistan suivre l’entraînement au combat des djihadistes, puis en faisant la guerre sainte une fois revenu à Marseille, ce dont rêve Sabrina, dans sa cité du nord de la France, obsédée par les meurtriers pédophiles qui peuvent bénéficier d’une remise de peine et sortir de prison, ce qu’espère Grégor, ouvrier modèle et pourtant licencié, décidé à ne pas assister à la fermeture de son usine bretonne, sans tenter un coup d’éclat. Trois êtres aux destinées tragiques, qui vont développer, chacun à sa manière, une stratégie pour faire justice ou du moins ce qu’ils pensent s’en approcher le plus. D’où des attentats, des meurtres et un enlèvement. Trois enquêtes qui vont lancer à leur poursuite des flics de Marseille à Valenciennes en passant par le Morbihan. Des trajectoires différentes, a priori sans aucun rapport entre elles, mais qui inexorablement se croiseront au point équidistant du triangle de leurs dérives respectives, comme une fatalité morbide.

 

Le roman de Gilles Vincent ne se contente pas d’exploiter les faits divers, mais il dissèque avec précision tous les dommages collatéraux chez des hommes et des femmes fragiles engendrés par une société française qui peine à intégrer ses jeunes issus de l’émigration, à affermir le rôle de sa justice et lui donner du sens, à sauvegarder ses emplois et finalement à respecter les individus de plus en plus variés qui la composent.

 

L’auteur, sans négliger à aucun moment le suspense, donne de l’épaisseur et de la crédibilité à tous ses personnages. Il s’attarde sur les lieux, les voisins, les amis, les motivations des uns et des autres, leurs forces et leurs faiblesses. On devine derrière chaque paragraphe une infinie tendresse de l’écrivain pour des gens de la « France d’en bas », mais aussi pour des policiers qui ont parfois du vague à l’âme. Une tendresse qui n’excuse pas tout, mais qui force le lecteur à la réflexion et entrouvre les portes de la tolérance et de la compréhension, enfin… jusqu’à un certain point.

 

Pour lire la suite, cliquez ici:

Trois heures avant l'aube

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