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Catherine Dutigny / Elsa

Catherine Dutigny / Elsa

Auteure de romans, de nouvelles, de contes, rédactrice à La Cause Littéraire


Love is power, ou quelque chose comme ça, par A. Igoni Barrett, pour La Cause Littéraire

Publié par Catherine Dutigny sur 9 Octobre 2015, 14:49pm

Catégories : #critiques de romans

Love is power, ou quelque chose comme ça, par A. Igoni Barrett, pour La Cause Littéraire

Les écrivains nigérians ont cette particularité de rafler avec une remarquable régularité le Prix Caine de la meilleure nouvelle en langue anglaise d’un auteur africain. A. Igoni Barrett est un écrivain nigérian de 36 ans, déjà récompensé par de nombreux prix et l’un des rares avec Helon Habila (publié chez Actes Sud) à être traduit en français.

La publication par les éditions Zulma d’un recueil de neuf nouvelles d’Igoni Barrett est une opportunité pour découvrir un univers littéraire en plein essor, vivant, actuel, et dont la remarquable qualité risquait fort d’échapper aux lecteurs francophones submergés par une production hexagonale en ce mois de septembre 2015.

Il existe des moments magiques de lecture et Love is power, ou quelque chose comme ça en regorge. C’est un livre que l’on laisse à portée de main une fois terminé, tant il est impossible de se détacher brutalement des récits de ce jeune auteur. Chacune de ces nouvelles possède une touche, une palette de tons qui renvoient le lecteur à des sentiments variés, parfois même contradictoires, mais toujours intenses.

Dans ce Nigeria, première puissance économique d’Afrique, les modes de vie ont subi le choc de la confrontation entre modernité et valeurs traditionnelles. Certains y gagnent, d’autres y perdent. A. Igoni Barrett a choisi de mettre ses pas dans ceux des perdants. L’acuité de son regard et la finesse de la perception des écueils de ce bouleversement nous livrent des morceaux de lecture exceptionnels.

Quand les plus brillants des étudiants partent à l’étranger obtenir des diplômes et y travailler, ils abandonnent dans le dénuement et surtout la solitude la mère vieillissante et malade. Egoïsme et désintérêt, illustrés d’une main de maître et avec une infinie délicatesse dans Ce qui était arrivé de pire. Les enfants déscolarisés traînent dans les cybercafés et se livrent à des arnaques comme ce jeune de quinze ans, Samu’ila, qui tente de piéger de riches américains en se faisant passer sur le net pour une jeune femme en difficulté, voire une gamine nubile dans Chasseur de rêves ou encore le cas de Dimié Abrakasa, quatorze ans, qui se sacrifie, affronte tous les dangers pour faire vivre sa fratrie, payer le loyer, et tenter de se faire aimer de sa mère alcoolique dans La forme d’un cercle parfait.

 

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