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Catherine Dutigny / Elsa

Catherine Dutigny / Elsa

Auteure de romans, de nouvelles, de contes, rédactrice à La Cause Littéraire


Critique de Vingt-cinq ans de solitude, John Haines, pour La Cause Littéraire

Publié par Alaligne sur 7 Mars 2016, 13:28pm

Catégories : #critiques de romans

Critique de Vingt-cinq ans de solitude, John Haines, pour La Cause Littéraire

Vingt-cinq ans de solitude, John Haines, éditons Gallmeister, janvier 2016

 

Les éditions Gallmeister spécialisées dans la littérature américaine rééditent, pour fêter les dix ans de leur création, les principaux livres qui leur ont valu d’occuper rapidement une place spécifique et de grande qualité dans le monde de l’édition française. Ainsi en est-il du livre de John Haines, Vingt-cinq ans de solitude, publié pour la première fois en 2006 et que l’on redécouvre en ce début d’année 2016, enrichi de 21 dessins, pleines pages, de Ray Bonnell.

Écrit en 1989 et publié aux États-Unis sous le titre The Stars, the Snow, the Fire, ce livre retrace au fil de thèmes souvent inattendus, parfois hétéroclites, les observations, sentiments, faits et gestes quotidiens, rencontres, rêveries poétiques de l’auteur qui s’installe en 1947, alors âgé de 23 ans, à Richardson en Alaska près de Fairbanks. Une vie de trappeur s’offre à ce jeune homme à peine rentré du Pacifique où il a combattu comme bien d’autres jeunes américains de sa génération. Un choix singulier sur lequel il ne s’exprime que fort peu, quarante ans plus tard.

Vingt-cinq années dans le Grand Nord, entrecoupées d’escapades plus ou moins longues dans la « civilisation », vingt-cinq années d’une solitude partagée avec ses femmes successives, avec les trappeurs qui lui enseignent l’art de fabriquer et de poser des pièges, avec d’anciens mineurs à la parole et aux coutumes rudes et avec les innombrables animaux qui peuplent son ordinaire. C’est sans doute là le paradoxe fondamental du récit où toute forme de vie, humaine ou animale, devient un compagnon brisant la solitude et qui, selon les circonstances, peut se révéler amical ou dangereux. Une confrontation à une nature sauvage qui bruisse au gré des saisons et grouille d’êtres vivants, mais aussi parfois d’ombres.

Peintre de formation, Haines brosse des tableaux successifs, variant de l’hyperréalisme à l’impressionnisme, d’un univers où apprendre à observer, écouter les conseils, ne pratiquer qu’une fois sûr de maîtriser toutes les bases d’un savoir-faire parfois millénaire, s’abandonner à la nature tout en gardant l’œil et l’esprit vifs, prévoir méthodiquement pour ne pas se faire surprendre et périr, sont les fondements de son manuel intime de survie. Une expérience qu’il accumule petit à petit et qu’il nous livre dans une prose aussi crue dans les détails que délicate dans sa symbiose avec la nature. Prose à la fois initiatique et métaphysique.

Pour lire la suite, cliquer ICI

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