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Catherine Dutigny / Elsa

Catherine Dutigny / Elsa

Auteure de romans, de nouvelles, de contes, rédactrice à La Cause Littéraire


La Guitare de diamants et autres nouvelles Truman Capote, pour La Cause Littéraire

Publié par Catherine Dutigny sur 15 Mars 2016, 10:23am

Catégories : #critiques de romans

La Guitare de diamants et autres nouvelles Truman Capote, pour La Cause Littéraire

La guitare de Diamants et autres nouvelles, Truman Capote, éditions Folio, février 2016

 

Dans une interview donnée au magazine The Paris Review, fin 1957, Truman Capote s’exprimait sur son irrésistible penchant pour l’écriture de nouvelles :

« Mes ambitions les plus inébranlables tournent toujours autour de cette forme. Lorsqu’elle est sérieusement explorée, la nouvelle me semble la forme la plus difficile et demandant le plus de discipline en matière de prose existante. Quels que soient le contrôle et la technique que je peux avoir, je dois entièrement ma formation à ce genre littéraire ».

Il insiste également sur la qualité du rythme des phrases, l’importance de la ponctuation, allant jusqu’à qualifier Henry James de « maestro du point-virgule ».

Le recueil publié par Folio qui regroupe trois nouvelles écrites au début des années cinquante, La bonbonne d’argent, La guitare de diamants, et La maison de fleurs, est l’occasion d’apprécier de manière concrète son haut niveau d’exigences.

La bonbonne d’argent est une histoire savoureuse qui s’apparente à un conte de Noël. Dans une petite ville du comté de Wachata, le propriétaire d’un drugstore, afin de renflouer un commerce mis en péril par un concurrent peu scrupuleux, décide quelques jours avant Noël de remplir une bonbonne vide, de pièces de cinq et de dix cents. Tout acheteur dépensant chez lui une somme d’au moins vingt-cinq cents pourra essayer de deviner le montant total des pièces contenues dans le récipient. Celui qui trouvera la somme exacte remportera le pactole. Pépin-de-Pomme, un gamin pauvre, flanqué d’une sœur aux rêves de « grande dame au cinéma » et affligée d’un gros défaut de dentition, se décide à compter les pièces en fixant la bonbonne du regard.

Dans nombre de ses nouvelles baignant dans le Sud rural, Truman Capote jongle à merveille avec un réalisme fouillé dans les moindres détails et un irrationnel dont son enfance en Louisiane l’a imprégné à tout jamais. La Bonbonne d’argent n’échappe pas à la règle. La seule explication que Pépin donne à son étrange tactique, lorsque l’on doute de ses capacités à deviner la somme, se résume à ceci : « – Oh non ! il suffit d’être né coiffé. Une dame en Louisiane me l’a dit. C’était une sorcière, et, quand Maman n’a pas voulu me laisser seule avec elle, elle lui a jeté un sort et alors Maman n’a plus pesé que soixante-quatorze livres » (p.27).

Les petites touches, tour à tour tendres ou ironiques, peaufinent le portrait d’une bourgade presbytérienne peuplée de représentants typiques de la working et lower middle class, en proie à l’appât du gain, aussi modeste soit-il.

 

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