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Catherine Dutigny / Elsa

Catherine Dutigny / Elsa

Auteure de romans, de nouvelles, de contes, rédactrice à La Cause Littéraire


Critique de Dispersez-vous, ralliez-vous! de Philippe Djian pour La Cause Littéraire

Publié par Catherine Dutigny sur 21 Avril 2016, 16:05pm

Catégories : #critiques de romans

Critique de Dispersez-vous, ralliez-vous! de Philippe Djian pour La Cause Littéraire

Dispersez-vous, ralliez-vous !, Philippe Djian, Gallimard, février 2016

 

La sortie d’un roman de Philippe Djian déclenche systématiquement des articles enflammés creusant le fossé entre ceux qui regrettent l’époque de Bleu comme l’enfer et de 37°2 le matin (publiés pour mémoire il y a plus de trente ans), ceux qui le défendent becs et ongles à chaque nouvelle publication en se pâmant sur son style, et enfin ceux qui d’un ouvrage à l’autre sont saisis par le vertige des montagnes russes. Mention à part pour Yann Moix qui de toute manière déteste. Sans doute faut-il oublier non seulement tout ce que l’écrivain a déjà écrit, mais aussi tout ce que l’on a déjà écrit sur lui et son œuvre pour aborder sans idées préconçues son dernier ouvrage.

Une lecture, l’esprit vierge. Difficile, car les « histoires de famille » forment le creuset récurrent de son inspiration et l’ellipse, son empreinte stylistique. À défaut de pouvoir totalement s’abstraire, de ne pas être tenté par la comparaison, il reste possible avec un minimum de souci d’équité de se laisser surprendre et porter par le récit.

Première constatation : Dispersez-vous, ralliez-vous se lit d’un trait, signe ordinaire d’un roman pour le moins captivant, d’une histoire bien construite et bien racontée qui tient l’intérêt du lecteur en alerte, mais peut-être aussi d’un roman ordinaire.

Les fameuses ellipses, chères à l’écrivain, sont plus que jamais utilisées ici de main de maître et ne nuisent à aucun moment à la fluidité et au plaisir de la lecture. Imaginez un plan-séquence qui couvrirait la bagatelle de quinze années de la vie de l’héroïne, Myriam, avec des raccords que votre inconscient aurait fabriqués par la grâce de quelques mots-indices savamment distillés au cours du récit. La marque d’un gros travail d’écriture et d’un indéniable savoir-faire perfectionné au fil des ans.

Myriam qui dévoile ses humeurs et ses pensées pendant 208 pages, de ses 18 ans à ses 33 ans, est un « caractère » extrêmement fouillé, crédible et attachant. Une jeune fille « introvertie, complexée, meurtrie, inconsolable » qui se métamorphose après son mariage en une femme encore parfois de guingois, mais volontaire et endurante, prête à saisir les plus infimes cadeaux de la vie, en une mère attentive, elle, la fille abandonnée par sa propre mère. Le tout étant livré dans une alternance d’avancées, de rechutes, de conflits intérieurs, de révoltes, criants de vérité. Si Philippe Djian s’était déjà coulé dans la peau et le mental d’une femme avec le très réussi Oh !, il réitère l’exploit en allant encore plus loin dans cet exercice d’introspection d’une personnalité qui emprunte, sans s’y engluer, quelques traits alexithymiques.

 

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